Le Colon, l’ Indien et l’Africain

Le face à face entre l’ Europe et l’ Afrique débuta à la seconde moitié du 15 siècle et plus particulièrement en 1441, quand Henry le navigateur, fils de François premier, Roi Portugais d’ alors eut l’ idée de prendre des esclaves sur les cotes Sénégalaises pour les revendre afin de financer ses expéditions maritimes: Ce fut la début du pillage de l’ Afrique par les Européens.

 Un pillage qui depuis, n’a pas connu le moindre répit, 700 années  plus tard.
En effet, c’ est ainsi que débuta ce que l’ histoire retiendra sous le nom de Traite des esclaves ou commerce trans atlantique ou triangulaire.( Europe- Afrique- Amérique).
Avec la découverte de l’ Amérique en 1492 par Christophe Colomb, les Européens( Français, Portugais, Hollandais, Espagnols, Anglais..) prirent  pied  sur le nouveau continent, où ils installèrent des colonies en exterminant les indiens.Des Inuit et Nez percé de l’ Alaska, jusqu’ aux Patagon du sud de l’ Amérique, en passant par les Navajos, Iroquois, Sioux, Black Feets , Apaches, Irons  de l’ Amérique du nord .En plus de l’ élevage et de la quête de l’ or,  ils s’y adonnèrent à l’ exploitation de produits impossibles à produire sous le climat tempéré de l’ Europe, ( canne à sucre, café,thé,tabac, bananes,indigo..) .Puisque les indiens n ‘ étaient pas assez robustes pour supporter le dur labeur dans les plantations,ils se tournèrent vers l’ Afrique pour chercher des noirs, physiquement  plus solides , d’ autant qu’ils sont capables de travailler sous de fortes températures. Les premiers noirs débarquèrent en 1513 à cuba.
Le mécanisme de ce pillage était fort simple et les rouages, idéalement huilés. Les négociants quittaient l’ Europe à bord de bateaux appelés négriers, accostaient sur les cotes Africaines où ils achetaient des esclaves aux rois locaux , puis mettaient le  cap sur les Amériques , Brésil ou les Antilles, les revendaient  avant de remplir les cales des bateaux de produits tropicaux et repartaient en Europe où ces matières premières seront transformées en produits finis ou manufacturés et exportés. Voilà comment, l’ Europe a entamé son industrialisation et son développement au détriment des Africains réduits en esclaves et des Indiens exterminés surtout en massacrant les bisons, dont la viande leur servait de nourriture, la peau de tipis et de mocassins  les os de calumet, c’ est à dire de pipe et les excréments de charbon.
Les conséquences seront catastrophiques, autant sur le plan démographique, économique,sécuritaire qu’intellectuel et psychologique .
En effet,le phénomène ne tarda pas à prendre de l’ ampleur surtout à partir du  XVI et XVII siècle. La demande en esclaves se fit de plus en plus importante au fur et à mesure que l’ extermination des Indiens  s’ intensifiait ,libérant les plaines  et les vastes prairies, aussitôt transformées en plantations, d’ autant qu’ avec les découvertes scientifiques, l’ industrialisation de l’ Europe s’ accélère ,entraînant un besoin toujours plus grand de matières premières. Le marché de l’ esclavage était un filon de premier choix et les Européens s’ y ruèrent. Français, Hollandais, Anglais,Suédois, Portugais,Danois. Ce fut la ruée vers l’ Afrique pour chercher des esclaves.
La demande stimulera l’ offre.
De très nombreux rois Africains se transformèrent en esclavagistes et se procurèrent de la marchandise en procédant à des razzias. D’ autres se muèrent en caravaniers, c’ est à dire spécialisés dans le transport des esclaves de l’ intérieur du continent, vers les cotes où sont implantées les comptoirs. Les guerres fratricides entre empires , tribus ou clans devinrent monnaie courante entraînant la dislocation de beaucoup d’ entre eux. L ‘ insécurité s’ installa, et avec elle la peur, car on pouvait se retrouver  esclave du jour au lendemain. La production agricole chuta et avec elle, s’installa la famine et la misère. Bien sûr, dans un tel environnement de psychose et d’ insécurité, la production intellectuelle et artistique va s’ en ressentir,d’ autant que cette traite négrière va durer 400 longues années.
En Amérique,et malgré la résistance, sous la direction d’ emblématiques Sachems tels Black Hawck , Américan Horse, Dull Knife, Big Foot, Crow King, Crazy Horse, Cochise, Géronimo, les Indiens furent exterminés et les survivants parqués dans des réserves et réduits à la mendicité et l’ alcoolisme.
Le nombre d’ Africains vendus  sera estimé à 13 millions dont prés de 3 millions perdront la vie lors du voyage vers l’ Amérique. Un voyage qui se déroulera dans des conditions exécrables: nus pour éviter les maladies , enchaînés et serrés dans les cales des bateaux telles des sardines. Sans oublier ceux qui sont morts lors de leur capture ou de leur acheminement vers les cotes. Il faut enfin évoquer les enfants qui auraient dû naître, et qui ,a cause de cette hécatombe , ne verront jamais le jour. On imagine ainsi facilement le lourd tribut que l’ Afrique a payé pour que l’ Europe se développe.Le plus scandaleux, c’ est que , ces esclaves qui valaient de l’ or dans les Amériques ou les Antilles étaient achetés à vil prix aux rois esclavagistes. On parle d’ ailleurs de pacotille.Cauris, rhum,eau de vie, bibelots, parasols fusils…Des fusils qui serviront d’ ailleurs à se faire la guerre pour se procurer d’ autres esclaves et qui feront que les affrontements entre Africains seront de plus en plus meurtriers et tragiques. C’ est ainsi que pendant que l’ Europe s’ envole économiquement, le continent noir s’ enfonce dans les abîmes de la pauvreté, des  guerres fratricides, de l’ insécurité et des maladies apportées par les blancs.
Il faudra attendre 1808, pour que le parlement Britannique abolisse  la traite négrière, poussé par les mouvements anti esclavage. Aux usa, le treizième amendement entre en vigueur le 18 descendre 1865 sous l’ impulsion d’Abraham Lincoln alors qu’ en France, elle sera abolie en 1848 grâce notamment à Victor  Schoelcher , journaliste et homme politique , député de le Martinique et de la Guadeloupe, terres par excellence de plantations et donc d’ esclaves.
Cependant, et malgré ces interdictions, un trafic illégal d’ esclaves se poursuivit pendant encore des dizaines d’ années  avant de s’ éteindre, non par bonté d’ âme mais parce qu’avec la révolution industrielle, les machines vont remplacer la force musculaire. Le commerce des esclaves n’ est donc plus lucrative.
Si l’ Afrique crut qu’ elle s’  est définitivement débarrassée des Européens, elle va bientôt déchanter car, cette même révolution industrielle, à l’ origine du départ des Européens, sera la cause de leur retour. Ils étaient partis parce qu’ils n’avaient plus besoin d’esclaves, ils vont revenir car ils ont maintenant besoin de matières premières pour faire marcher leurs industries.
C’ était reparti pour un tour.
Tant qu’ils n’avaient besoin que de forces musculaires, les Européens sont restés sur les cotes Africaines, les rois esclavagistes se chargeant de les fournir en marchandises .
Avec la révolution industrielle et ses découvertes scientifiques, s’ opéra un bouleversement dans tous les domaines, notamment dans ceux de la production agricole et des biens manufacturés .La boulimie des usines en matières premières devint insatiable et la surproduction exigea de nouveaux marchés.
Pour la seconde fois, les Européens se tournèrent vers l’ Afrique. Mais cette fois-ci, il ne s’ agissait plus de rester sur les rivages, mais de conquérir l’intérieur. Un phénomène qui sera connu sous le nom de Colonisation.
Bien sûr, comme souvent avec les mouvements de masse, il fallut d’ abord envoyer des éclaireurs pour identifier le terrain et les voies de communication. Ce sera le rôle des explorateurs dont les plus connus seront : Livingstone, Savorgna de Brazza, Mongo Park, John Spek Grandidier.
La ruée vers l’ intérieur du continent noir pouvait commencer, d’ autant que les explorateurs confirmeront les richesses inestimables du sol Africain: Or, diamant, bois, produits agricoles…Pour mettre un terme aux conflits inhérents à la rivalité entre pays colonisateurs, Bismarck , le chancelier Allemand convoqua une réunion que l’ histoire retiendra sous le nom de conférence de Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 :
Afin de s’ entendre sur les modalités de partage de l’ Afrique et éviter tout  conflit, des règles furent édifiées, dont la liberté de navigation et de commerce dans le bassin Congolais et l’ obligation d’ avertir les autres puissances , quand l’ une d’entre elle prend possession d’ un territoire. En moins de 20 ans , le partage était déjà fait à l’ exception du Maroc, de l’ Ethiopie et du Liberia. Tout le reste de l’ Afrique était sous le joug colonial, surtout  Anglais et Français, les autres, Portugais, Allemands Espagnols se contentant de la portion congrue.
Les Britanniques mirent ainsi la main sur l’ Egypte,le Kenya,l’ Ouganda,Zanzibar, La Rhodésie, l’ Afrique du Sud,la Gambie, Sierra Leone, le Nigéria.
La France quant à elle  s’ octroya deux entités :
L’ A.O.F l’ Afrique occidentale Française qui comprend la Mauritanie,le Sénégal, le Soudan Français, l a Guinée,le Niger,la Haute Volta et Dahomey.
L’ A.E.F, l’ Afrique Equatoriale Française qui regroupe le Congo, Oubangui- Chari, Tchad.
Pour la seconde fois, l’ exploitation de l’ Afrique pouvait recommencer , mais cette fois, les Européens passèrent des ressources humaines aux ressources naturelles.
Si les Anglais optèrent pour un système indirect, c’ est à dire en formant des autochtones pour qu’ ils fassent le sale boulot pour eux,les Français choisirent le système direct  . Ils feront le travail eux même. Ils divisèrent leurs colonies en deux parties distinctes : Les colonies de peuplement, comme l’ Algérie qui avec son climat tempéré est appelée à devenir un département et les colonies d’ exploitation qui comme leur nom l’ indique on ne peut plus clairement; serviront à être pillées , et tous les actes posés par les colons dans ces  territoires n’ auront qu’ un seul objectif, l’ exploitation de leurs ressources naturelles, agricoles et humaines. Même les infrastructures obéiront à cette logique implacable. Toutes les voies de communication ( routes, rails ) partaient des zones d’ exploitation agricoles ou minières vers un port, Dakar, Abidjan ou autre. C’ est ainsi qu’ au Sénégal, , le tracé du rail,  épouse fidèlement les zones de production de l’ arachide qui avait été imposée aux paysans au détriment des cultures vivrières. Cette monoculture de l’ arachide  qui sera à l’ origine de la disette et de la faim dans le monde rural jusqu’ à nos jours. Au Niger,  la principale route qui  part d’ Arlit et Agadez, zones  d’ exploitation de l’ uranium (qui permet aux centrales nucléaires Français de fonctionner)vers  la façade Atlantique  est d’ ailleurs appelée la route de l’ uranium.
Comme pour l’ esclavage,le colonialisme fut exempté de tout sentiment d’ humanisme et d’ empathie, car dans leur entendement, le noir ,comme l’ indien ,étant un être inférieur, , ne pouvait être traité que comme une bête de somme. C ‘est ainsi qu’ ils seront soumis aux travaux forcés ( construction de routes, rails, édifices….) à la fourniture d’ hommes dans les deux guerres mondiales ( Blaise Diagne, premier député noir de l’ Afrique fournit 77 000 hommes appelés avec mépris Tirailleurs Sénégalais, alors qu’on ne lui en demandait que 50000.) et les récoltes des paysans se verront  souvent confisquées au titre de l’ effort de guerre.
Cependant, cette participation des Africains aux deux guerres mondiales aura un effet positif. Le mythe du Blanc va s’ effondrer, Ils découvriront que les Blancs sont comme tous les êtres humains, avec leurs qualités et surtout leurs insuffisances. Ils ne sont pas invincibles, ils connaissent aussi la peur, la faiblesse. Dés lors, l’ idée  de l’ indépendance et de l’ émancipation  se fit jour dans leurs cerveaux. Une indépendance qui devint inéluctable dans les année 60.
Ce fut le temps de la décolonisation , mais qui ne se traduisit pas par une rupture définitive .Il fallait maintenir des liens avec les ex colonies, autant pour les Français que pour les Britanniques car ces  pays impérialistes  ne devaient leur puissance qu’à l’ exploitation de leurs colonies. Rompre définitivement leur serait fatal .D’ ailleurs les portugais eux, se cramponneront encore pendant des années à leurs territoires notamment en Angola et Guinée Bissau.Ainsi les Britanniques réuniront leurs ex colonies dans une nouvelle organisation appelée Commonwealth, alors que la France  dont l’ empire colonial est infiniment plus petit ,optera pour des accords bilatéraux avec chacune de ses ex colonies.
Pour la France, plus que pour les Britanniques, c’ était une question de vie ou de mort.
En effet, la France, défaite  et occupée par les Allemands dés 1941, ne dût son salut qu’ à l’ intervention des Alliés et le débarquement de Normandie en 1944. Elle  perdra aussi sa colonie Indochinoise ( Vietnam, Laos, Cambodge) en 1954, après sa défaite  face au Viet Minh de Ho Chi Minh  dans la cuvette de Dien Bien Phu.
 A partir de 1954, éclate la guerre d’ Algérie, qui comme presque tous les pays colonisés réclame son autonomie .Seulement l’ Algérie occupe une place primordiale dans le dispositif Français.Non seulement elle est une  colonie de peuplement, mais son  gaz et son pétrole (  pétrole Saharien ), lui sont indispensables pour son au re-décollage   économique . La France perdra cependant la guerre face aux nationalistes et indépendantistes du Front de Libération Nationale  F.L.N. Une défaite qui sera actée par le traité d’ Evian en 1962. L’Algérie en profita bien sûr  pour nationaliser ses Hydrocarbures.
Il ne restait  donc à la France que les pays de l’ A.O.F et de l’ A.E.F. qui à leur tour, piaffaient d’ impatience de retrouver leur souveraineté. Rompre avec ces pays comme elle l’ avait fait avec l’ Indochine et l’ Algérie serait suicidaire.
Voilà pourquoi le général De Gaulle choisit de sortir par la porte… pour revenir par la fenêtre.
A partir de 1960, il octroya  pacifiquement l’ indépendance à ses colonies Africaines, mais en prenant soin de mettre à leur tète, des présidents soumis et totalement sous son  contrôle: Senghor au Sénégal,Léon Mba au Gabon,Kérékou au Bénin, David Dacko en centre Afrique, Houphouet Boigny  en Cote d’ Ivoire , Ould  Dada en Mauritanie, Ahidjo au Cameroun…Des chefs d’ état qui travailleront sous la surveillance de Français, infiltrés dans les palais et autres ministères sous le titre anonyme de coopérants .
Avec ces chefs d’ état, il signa des contrats de défense, mais qui comportaient des accords secrets. La France assurait leur maintient au pouvoir et leur  protection contre toute attaque, extérieure ou d’ opposants,en contre partie, la métropole serait la principale, sinon l’ unique bénéficiaire des ressources naturelles du pays: Pétrole, lithium, or, bois, gaz uranium,thorium, arachides….. Pour donner corps à cette nouvelle stratégie, De Gaulle créa une compagnie pétrolière, ELF qu’ il confia à un polytechnicien nommé Pierre Guillauma, et qui sera  le bras armé de la France. Pour la France,l’indépendance énergétique était incontournable.Il mit aussi sur pied’ une cellule Africaine à l’ Elysée, qu’ il confia à Jacques Focart, un ancien des services secrets de la résistance et qui connaissait l’ Afrique comme sa poche, qui sera secondé par Maurice Robert, un autre ex agent secret qui sera l’ homme des basses œuvres.
La France Afrique venait de naître.
Avec le soutien d’ hommes de l’ ombre, d’ aventuriers, de politiciens, d’ affairistes, de ministres, Focard mit sur pied un véritable réseau de prédateurs qui va faire main basse sur les richesses du continent au profit de la France, de ses hommes politiques et de dictateurs Africains corrompus et véreux. Ceux qui se mettaient au travers de sa route seront impitoyablement écartés d’ une manière ou d’une autre. Des coups d’état et des élections truquées seront organisés partout où besoin sera. Cheikhou Touré fera l’ objet de plusieurs coups d’ état, Félix Moumié , l’ opposant camerounais sera assassiné à Genève, Léon Mba jugé trop faible remplacé par son directeur de cabinet Omar Bongo au Gabon, en Centre Afrique, les présidents se succéderont au gré de Focart, David Dacko, Bokassa, Patassé, Bozizé. Pour s’octroyer les énormes réserves de  pétrole du continent, ELF financera la cessession  du Katanga au Nigéria entre 1967 et 1971, la guerre en  Angola entre l’ UNITA de Savimba et l’  MPLA de Dos Santos, la guerre civile au Congo Brazzaville entre les  Cobras de Sasou Ngésso  et les Ninjas de Lissouba. Comme pendant l’ esclavage ou le Far West, les Européens vont distribuer des armes de plus en plus meurtrières qui sèmeront la mort, la misère et la désolation.
L’ affaire ELF éclate en 1994, Détournement d’ argent par les hommes politiques Français, financement de rebellions en Afrique,la compagnie pétrolière ne s’ en relèvera pas. Elle sera absorbée par sa petite rivale TOTAL.
Avec la disparition de la compagnie pétrolière  et celle de ses principaux animateurs, la France Afrique connut un déclin, cependant l’exploitation continue sous d’ autres formes,l’ accaparement des marchés par les grands groupes occidentaux toujours avec le soutien des présidents Africains: Areva, Total, Eiffage ,Edf Boloré qui font main basse sur tous les contrats faramineux, obligeant nos entreprises à se contenter de sous traitance .
Ainsi, depuis le 15 eme siècle, nos richesses sont pillées de façon continue et implacable. Pétrole, diamant, forêt , gaz, uranium , poissons .Ils  ne laissent derrière eux que désolation ,vide, pollution.
Le pillage des ressources halieutiques du Sénégal sera à l’ origine de la ruée des Sénégalais vers l’ Espagne en 2007.
Sitting Bull, le chef suprême des Sioux qui dirigea en 1876 la bataille de Little Big Horn qui vit les Indiens battre le 7 eme régiment du général Custer,  dit en parlant des Européens: Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, péché le dernier poisson, alors ils se rendront compte que l’ argent ne se mange pas.
Les Africains, devront-ils attendre d’en arriver là ?
Serigne Mbacke Ndiaye
Écrivain
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